L'anatomo-pathologie, ou anatomie pathologique, est une spécialité médicale technique, humaine et vétérinaire, qui se consacre à l'étude des lésions macroscopiques et microscopiques des tissus pathologiques prélevés sur un sujet vivant ou décédé. On doit la forme moderne de l'anatomo-pathologie à l'Italien Jean-Baptiste Morgagni ou Giovanni Battista Morgagni.

Le médecin ou le vétérinaire spécialisé en anatomo-pathologie est appelé anatomo-pathologiste ou communément, mais de manière abusive, pathologiste.

Sommaire

modifier Définitions

modifier Pathologie

La pathologie est l'étude des maladies. Elle intègre l'anatomo-pathologie, l'épidémiologie, la pathogénie, la sémiologie etc. Le mot "pathologie" n'est donc pas un synonyme de "maladie", et ne doit être utilisé qu'au singulier.

modifier Anatomo-pathologie

L'anatomo-pathologie étudie les lésions macroscopiques et microscopiques de tissus prélevés sur des êtres vivants malades par biopsie, frottis ou biopsie extemporanée. Selon qu'elle s'intéresse à l'Homme ou à l'animal, on distingue l'anatomo-pathologie humaine et l'anatomo-pathologie vétérinaire.

On considère :

  • L'anatomo-pathologie gĂ©nĂ©rale, qui s'intĂ©resse aux grands processus lĂ©sionnels concernant les Ă©lĂ©ments fondamentaux d'un organisme : l'inflammation, la cancĂ©rologie, les troubles vasculaires, les altĂ©rations cellulaires, la nĂ©crose, la cicatrisation etc.
  • L'anatomo-pathologie spĂ©ciale, qui Ă©tudie la pathologie par appareils (cĹ“ur, poumon, foie, etc)

modifier Lésion

On définit par lésion toute modification non physiologique, macroscopique ou microscopique, d'une cellule, d'un tissu ou d'un organe, et survenant du vivant de l'animal. Cette dernière condition est importante car elle élimine les altérations post-mortem des tissus telles que l'autolyse, la putréfaction, le rigor mortis (rigidité cadavérique) ou le livor mortis (lividité cadavérique). Si le pathologiste ne doit pas les considérer comme de vraies lésions, il en tient cependant compte, notamment comme outils de datation de la mort, dans le cadre de la médecine légale par exemple.

Afin de bien discerner lĂ©sions et non-lĂ©sions, l'anatomo-pathologie exige une bonne maĂ®trise des notions de base d'anatomie, d'histologie et de physiologie : il faut bien connaĂ®tre le normal pour reconnaĂ®tre l'anormal.

modifier Cytopathologie

IcĂ´ne de dĂ©tail Article dĂ©taillĂ© : cytologie pathologique.

La cytopathologie est très souvent associée à l'anatomo-pathologie. Elle s'en distingue par le fait que les éléments étudiés ne le sont plus sous forme de tissus fixés et coupés, mais de prélèvements obtenus le plus souvent par ponction ou calque, et directement étalés sur une lame. Les cellules sont alors entières mais l'architecture du tissu est perdue. S'agissant d'un étalement et non plus d'une coupe, la taille des cellules est y plus grande et permet de mieux apprécier la morphologie cellulaire (d'où le nom de cytologie) plutôt que les caractéristiques tissulaires (domaine de l'histologie). Parmi les prélèvements courants en cytopathologie, citons les ponctions lombaires (prélèvements de liquide céphalo-rachidien), les ponctions articulaires (prélèvements de liquide synovial), le frottis vaginal, les ponctions de masse, les ponctions de moelle osseuse hématopoïétique (myélogramme), les ponctions de nœuds lymphatiques (adénogramme), les lavages broncho-alvéolaires etc. Cette discipline est en fait une discipline mixte dépendant à la fois de la Biologie médicale et de l'anatomopathologie.

modifier Pathologie clinique

L'anatomo-pathologie ne concerne pas l'étude de la composition des liquides biologiques, qui est dévolue à la biologie médicale. L'hématologie, qui étudie les éléments figurés du sang, s'est détachée de l'anatomo-pathologie et constitue une spécialité à part entière. Biologie médicale et hématologie sont souvent regroupées sous le terme de pathologie clinique.

modifier Domaines d'investigation

modifier Classification des lésions

Une classification simple des lésions et maladies est fondée sur leur étiologie. Une première dichotomie s'effectue entre les lésions tumorales et les lésions non tumorales. Dans les lésions non tumorales, on considère les lésions d'origines inflammatoires, dégénératives, nutritionnelles, métaboliques, toxiques, infectieuses, physiques, chimiques, traumatiques, comportementales, génétiques, embryologiques, etc. Ces catégories sont loin d'être hermétiques car pour une même lésion, il peut exister de nombreuses interconnections. Ainsi, certaines infections virales peuvent engendrer des tumeurs, et des lésions dégénératives suscitent souvent de fortes réactions inflammatoires.

modifier Les outils de l'anatomo-pathologie

modifier L'examen macroscopique

L'œil est le premier outil du pathologiste. En effet, l'anatomo-pathologie est avant tout une science de la description. Selon les cas, les autres sens peuvent également être sollicités. Par exemple, lors de l'examen d'une tumeur sur un cadavre, on s'attachera à décrire sa localisation, sa taille, sa couleur, sa forme, sa consistance, sa délimitation, ses rapports aux autres organes, son aspect à la coupe, etc. À cette étape, de nombreuses informations peuvent orienter le diagnostic. Lors de l'examen macroscopique, le pathologiste peut avoir recours à une balance afin d'apprécier d'éventuelles variations de poids des organes.

modifier L'examen microscopique

L'analyse microscopique est généralement l'activité principale du pathologiste. Il a pour cela recours aux outils de la microscopie, principalement optique ou photonique, mais également électronique. L'immunofluorescence, l'immunohistochimie et l'hybridation in situ sont également utilisées afin d'approfondir le diagnostic.

Cette étape permet d'affirmer le caractère tumoral ou non d'une lésion et le cas échéant d'aboutir à la dénomination de la tumeur, basée sur le type cellulaire d'origine. L'examen microscopique permet également d'apprécier les lésions de type inflammatoire et éventuellement d'identifier un agent causal (virus, bactéries, protozoaires, mycètes, parasites etc.)

modifier Applications de l'anatomo-pathologie

L'anatomo-pathologie s'occupe :

  • Du diagnostic de certaines maladies qui rĂ©clament une certitude anatomo-pathologique : par exemple les cancers, oĂą seul le spĂ©cialiste pourra affirmer qu'une lĂ©sion qu'on lui a soumise comprend des cellules cancĂ©reuses. Le pathologiste identifie par ailleurs le type de tumeur et peut le cas Ă©chĂ©ant fournir un pronostic sur la gravitĂ© de la lĂ©sion.
  • D'affirmer le caractère complet de l'ablation d'une tumeur, en examinant ses bords (soit ses limites d'exĂ©rèse) : pour ĂŞtre sĂ»r d'avoir enlevĂ© toute la tumeur, le chirurgien fait vĂ©rifier par l'anatomo-pathologiste que les limites de rĂ©section ne contiennent pas de cellules tumorales.
  • Des nĂ©cropsies (ou autopsies), qui sont l'examen des cadavres dont les causes de la mort sont douteuses sur un plan mĂ©dical (les morts suspectes d'un point de vue lĂ©gal sont autopsiĂ©es par un mĂ©decin lĂ©giste).
  • D'analyser les lĂ©sions engendrĂ©es par les substances mĂ©dicamenteuses sur les animaux de laboratoire. Le pathologiste est alors un maillon de la chaĂ®ne aboutissant Ă  l'autorisation de mise sur le marchĂ© d'un mĂ©dicament ou d'autres substances chimiques. DorĂ©navant, cette voie est presque exclusivement rĂ©servĂ©e aux pathologistes vĂ©tĂ©rinaires.

modifier Voir aussi

modifier Liens externes